| |
Attention à la culasse
Entre le montage de mauvaises bougies, le démontage laborieux, le mauvais remontage, ou encore l'inversion des fils, il y'a même moyen de détruire un bon moteur!! Un peu de soin, un soupçon de méthode et de technicité et les outils adéquats devraient vous permettre de vous en sortir sans coup férir. A vos clefs!!
Ne vous trompez pas de bougies
Chaque moteur exige un type de bougies bien précis. Or rien ne ressemble plus à une bougie qu'une autre bougie. Elles ont toutes l'air d'une vis chromée surmontée d'un petit chapeau en porcelaine. Mais ne vous arrêtez pas à l'apparence. Une bougie est caractérisée par le diamètre de son filetage, sa longueur, et surtout son indice thermique. Lors de l’achat des pièces de rechange, faites très attention à ne prendre que les bougies préconisées pour votre moteur. Sinon, il y de forts risques de percer un piston. Il vaut mieux continuer à rouler avec les vieilles bougies que se tromper. En revanche, il n'y a aucune contre indication à monter des bougies de sous marque ou des bougies de haute technologie à indice thermique équivalent. Attention, on trouve aussi des bougies à résistance (caractérisées par un R chez NGK par exemple). Elles sont destinées aux véhicules d’après 98 et protègent l’électronique de bord des parasites électromagnétiques. Elles ne présentent aucun intérêt dans un véhicule ancien et peuvent même s’avérer néfastes en cas d’allumage faiblard (étincelle faible, démarrage laborieux).
Ne tirez pas sur les fils de bougies
Erreur classique : tirer sur le fil pour ôter l’antiparasite. C’est aussi idiot que tirer sur le fil de l’aspirateur pour débrancher la prise et cela donne les mêmes résultats : on finit par arracher les fils. Il faut impérativement empoigner le capuchon antiparasite même s’il est gras et sale. Le faire tourner d’un quart de tour pour le décoller peut aider. |
 |
On ne tire pas sur le fil pour ôter l’antiparasite... |
|
|
 |
Il faut l’empoigner ici, pour ne pas risquer de détruire le fil haute tension. |
|
|
|
|
Ne serrez pas trop fort
Le serrage des bougies est une partie délicate, surtout quand elles présentent un culot conique. Ce n'est plus une technologie à la mode, mais c'est un type de bougie que l'on rencontre encore sur certains moteurs du début des années 80 (104, premières 20, Visa, Samba, Renault 5 Alpine etc…). Si la bougie classique à joint d'écrasement se serre normalement (sans excès), sans difficultés particulières, la bougie à siège conique (reconnaissable à l'absence de rondelle) exige un serrage délicat, et surtout léger. Sinon, elle devient indémontable, ou casse au ras du filetage lors du démontage suivant. Une clé spéciale à déclenchement au couple de serrage est recommandée (clé dynamométrique). |
|
|
 |
Différents types de clés à bougies (de G a D): clé à déclenchement, clé à cliquet professionnelle avec douilles spécifiques, clé à cliquet bas de gamme, clé pour culots conique (dotation Peugeot/Citroën/Talbot), et les 2 de droite sont des clés de mauvaise qualité tout juste capables de démonter une bougie de mobylette et encore !
|
|
|
 |
De plus, c’est une douille à bougie de 20,8 soit 13/16 de pouce alors que l’autre est une douille de 21 qui n’est pas spécialisée dans la bougie, mais convient à peu près.
|
|
|
 |
Une bougie à culot conique, reconnaissable à l'absence de rondelle, se serre de préférence à l'aide d'une clef à déclenchement (limiteur de couple). On peut aussi employer la clé fournie avec la voiture (celle du dessous), mais il faut serrer tout doux pour ne pas risquer de casser le culot au démontage suivant. (Quand ce malheur arrive, il faut tailler une queue de lime au carré. Puis enfoncer ce carré dans le moignon de bougie pour l’extraire en dévissant… Dur Dur !!) |
|
|
|
Ne vissez pas la bougie à la clé
Il suffit de mal engager la nouvelle bougie pour risquer de foirer le taraudage de la culasse. Cette dernière est en effet le plus fréquemment en aluminium, un métal tendre et assez fragile. Le pire est de forcer à l'aide de la clef à bougie quand ça résiste. Pour mettre toutes les chances de votre côté, il faut impérativement engager la bougie au moins trois tours avant de recourir à un outil. Et le vissage doit se faire sans effort, jusqu'au bout. Vous pouvez employer un morceau de tube en caoutchouc pour tourner la bougie si elle se trouve au fond d'un puits. Seul les derniers trois quarts de tour de serrage doivent nécessiter un peu de force au bout du manche de la clef. Si vous remontez une vieille bougie, n'oubliez jamais de passer un coup de brosse métallique sur les filets. Surtout ni huile ni graisse qui brûle et colle!! A la rigueur, une très fine couche de graisse cuivrée (grossiste en pièce auto ; env 15 €). |
|
|

 |
Engagez la bougie au moins trois tours à la main avant de recourir à la clé. Le vissage doit se faire sans effort. Sinon desserrez immédiatement et recommencez.
Vous pouvez utiliser un morceau de tuyau en caoutchouc pour visser une bougie située au fond d'un puits. |
|
|

 |
On peut tenter de brosser une bougie encrassée avec une « carde ». Les résultats sont mitigés. Une bougie neuve est préférable... |
|
|
 |
Les filets des bougies particulièrement exposées à l’humidité (motos par ex) peuvent être enduits d’une très légère couche de graisse cuivrée qui facilitera un démontage ultérieur. Ne graissez que la partie centrale des filets pour éviter de polluer les électrodes. |
|
|
|
N’oubliez pas de régler l'écartement
Autre caractéristique d'une bougie, l'écartement de son électrode. Ce n'est pas un point extrêmement important, surtout avec un allumage électronique, mais il faut le vérifier quand même. Si le constructeur préconise par exemple 0,9 mm, certaines bougies, prévues pour plusieurs moteurs de marque différentes seront probablement moins écartées. A l'aide d'un tournevis plat, faites levier entre la carcasse métallique et l'électrode de masse pour l'écarter. N'appuyez surtout pas sur l’électrode centrale, au risque de craquer la porcelaine. S'il faut diminuer l’écartement, tapotez la bougie contre une pièce d'acier massive. |
|
|
 |
On mesure l'écartement d'une électrode à l'aide d'un jeu de cales d'épaisseur. Mais on agit sur cet écartement avec un tournevis ou en tapotant l'électrode. |
|
|
|
|
N’inversez pas les fils haute-tension
Un petit conseil, remplacez toujours les bougies une par une, ou numérotez et repérez votre faisceau avant le démontage. Car les fils haute tension qui relient la tête d'allumeur aux bougies sont branchés dans un certain ordre (pour être précis: 1-3-4-2 pour un 4 cylindres, et ça se complique sérieusement sur un V6 ou un V8). Et si par mégarde vous inversez deux fils au remontage, adieu ralenti et fonctionnement harmonieux. Le moteur va hoqueter et tourner "carré". S'ensuit alors une longue partie de tâtonnements préjudiciable au bon fonctionnement du moteur pour retrouver le bon ordre. Sans compter les coups de "jus" dans les mains du mécanicien.
Quelques types bougies...
Une bougie est toujours une vis chromée surmontée d’un chapeau pointu en porcelaine. Mais il y a des subtilités ! En voici quelques unes :
|
|
|
 |
Bougie classique à culot long. C’est la bougie « basique ». |
|
|
 |
L’électrode centrale est fine et comporte des métaux précieux (iridium ou platine) alliée à une technique anti encrassement. L’étincelle est plus puissante et ce type de bougie dure plus longtemps (40 000km et +). A indice thermique égal, elle peut remplacer une bougie traditionnelle sans risque pour la mécanique et même avec un bénéfice certain côté longévité, démarrage et consommation.
|
|
|
 |
Électrode classique, mais culot conique. Il n’y-a pas de rondelle d’écrasement (joint d’étanchéité). Cette bougie nécessite une clé spéciale pour éviter de la serrer trop fort |
|
|
 |
L’électrode centrale est en V. Une subtilité qui déporte l’étincelle sur les bords et donc d’obtenir une meilleure propagation de flamme. Cette bougie exige moins de tension donc donne de meilleurs résultats sur les allumages anciens |
|
|
 |
Clé à 12 pans obligatoire pour extraire ou revisser cette bougie. Un détail dicté par la taille du puits de bougie inférieure à la clé traditionnelle à 6 pans. |
|
|
 |
Bougie à double électrode dont on ne peut pas régler l’écartement… Une première approche pas chère de la longévité.
|
|
|
 |
Encore plus fort : 3 électrodes autour d’une électrode centrale fine.
|
|
|
 |
Et voici le summum : 4 électrodes… En attendant 5 ou 6, pourquoi pas ? |
|
|
 |
Petite bougie pour tondeuse à gazon à culot ultra court. |
|
|
 |
Culot très long. |
|
|
 |
Bougie de formule 1. Pas d’électrode ! |
|
|
 |
On démonte impérativement les bougies moteur froid. Procédez une bougie à la fois pour ne pas risquer de vous emmêler les pinceaux. Empoignez l’antiparasite pour éviter d’arracher le fil de bougie.
|
|
|
 |
Maintenez la clé bien dans l’axe de la bougie pour le déblocage afin de ne pas risquer de casser le culot.
|
|
|
 |
Finissez le desserrage à la main. |
|
|
 |
Et voici la bougie... |
|
|
 |
Vérifiez la conformité de la bougie neuve. Au besoin, travaillez l’écartement de l’électrode ou la présence ou l’absence du petit chapeau. Ce dernier se dévisse et se revisse à la pince. |
|
|
 |
Après avoir nettoyé le siège sans faire tomber de saletés dans le cylindre, la nouvelle bougie se revisse à la main au moins 3 tours sans résistance avant de finir à la clé. |
|
|
 |
Puis on revisse avec la clé, mais toujours à la main sans forcer. |
|
|
 |
Le blocage final s’effectue avec la manche à cliquet. Mais sans excès... Pas plus de 2/3 de tour après contact pour une bougie neuve dont le joint n’est pas écrasé (1/12 de tour (30°) pour une bougie déjà montée). |
|
|
|
|
Bobines individuelles : où sont les bougies ?
Sur les véhicules les plus récents, les bougies sont cachées sous des bobines individuelles. Cette disposition peut faire peur au mécanicien débutant. Il n’y a cependant rien de bien différent par rapport aux fils haute-tension… |
|
|
 |
Débranchez la prise en haut de la bobine. Il y’a un petit verrou sur lequel il faut appuyer pour libérer le connecteur. |
|
|
 |
Dévissez ensuite la vis qui retient la bobine en place avec selon le cas une douille de 10 ou une Torx. |
|
|
 |
Puis tirez sur la bobine pour l’ôter. C’est vraiment sans surprises. La vis de fixation reste dans son logement. N’essayez pas de l’extraire préalablement, vous risqueriez qu’elle tombe et se perde dans le fouillis du moteur (dégâts possibles). Dévissez ensuite la bougie. Et extrayez-la avec une clé à bougie à âme en caoutchouc. |
|
|
 |
La bougie neuve est ensuite enfilée sur un morceau de durit rectiligne… |
|
|
 |
... et revissée en place à la main, puis bloquée avec la clé comme dans le cas d’une bougie classique. Le remontage de la bobine s’effectue en sens inverse du démontage... |
|
|
|
|
| |
Crédits - Texte : R. Hourlier
- Photos : E. Houplain - Montage vidéo : Stéphane Bétaille- © Oscaro
2008 |