|
Un roulement de
roue fatigué fait « rourourourourou » dans
les virages. Mais il est silencieux en ligne droite.
C'est d'ailleurs de cette façon que l'on diagnostique
ce mal. Reste ensuite à essayer de déterminer
si c'est un roulement avant ou arrière, droit
ou gauche. Et là, une seule méthode: tendre
l'oreille. Le meilleur plan consiste à essayer
de s'asseoir à différents places dans la
voiture pour déterminer l'endroit le plus bruyant.
La sanction en cas d'erreur: le remplacement d'un roulement
encore bon et donc l'obligation de tout recommencer...
Pour pointer le coupable, il faut souvent rouler à plus
de 70 km/h. Les essais vont donc se faire sur nationale
ou autoroute. Simulez des changements brutaux de file
vers la droite puis vers la gauche. Lequel est le plus
bruyant. Si c'est en tournant vers la droite, cela signifie
que le roulement gauche, en appui, émet le grognement.
C'est donc lui qui est usé et bon à remplacer.
Et vice-versa, bien entendu... |
 |
Un kit roulements se compose d'un roulement scellé sous cellophane
ou emballé dans du papier gras, et des éventuelles pièces à remplacer:
ici un écrou neuf et un gros « circlip ». |
|
|
 |
La
veille de la manipulation de remplacement, placez le roulement encore
emballé dans le congélateur. Plus il sera froid, plus
il sera facile à emmancher dans son logement. |
|
|
 |
Commencez autant que faire se peut (si le trou de la jante le permet)
par décoller le gros écrou central. Il faut généralement
une clé de bonne qualité (de 30 à 36 selon le
modèle d'auto) et une rallonge d'un bon mètre. Et ceci
avant de lever la voiture (même punition pour les écrous
de roue d'ailleurs). |
|
|
 |
Levez
la voiture. Retirez la roue puis l'étrier de frein. |
|
|
 |
Suspendez
l'étrier dans le tunnel de roue afin d'éviter de le laisser
pendre au bout du tuyau (pas bon du tout ça!). |
|
|
 |
Si
vous n'y avez pas pensé avant, débloquez les 2 vis qui
maintiennent le disque en place (c'est plus facile si un compère
freine, mais une fois l'étrier ôté...). Normalement,
elles sont à peine serrées car elles ne servent pas à grand-chose...
utilisez la clé comme ceci en appuyant du côté opposé au
moyeu, ce qui limite la rotation du disque. |
|
|
 |
En
effet, dans l'autre sens comme ici, le disque aura une forte tendance à tourner,
entraîné par la clé. |
|
|
 |
Avant
d'attaquer l'écrou de blocage de la rotule de direction, brossez
soigneusement les filets avec une brosse métallique. Ceci dans
le but d'éliminer toute la crasse qui a tendance à bloquer
l'écrou et donc à rajouter du couple résistant. |
|
|
 |
Une
petite giclette de dégrippant est même recommandée. |
|
|
 |
Mais
malgré toutes ces précautions, il arrive que le cône
de la rotule se décolle sous l'effet du couple de desserrage.
La clé tourne alors dans le vide et on ne peut ni desserrer
ni resserrer (les b--sés comptez vous... un!). La seule astuce
est alors de renfoncer le cône et de le maintenir enfoncé et
serré avec une bonne pince étau (ici une pince à maintenir
les tuyaux de chez Vise Grip; Top!). |
|
|
 |
Un
cône de rotule bien collé nécessite un arrache spécial.
Cet outil se trouve en qualité ordinaire chinoise pour moins
de 15 E chez Norauto par exemple. |
|
|
 |
Normalement,
on sort le moyeu central à la presse. Mais, on peut très
bien le travailler à l'africaine en frappant sur une vieille
douille du bon diamètre au marteau (ne vous méprenez pas,
les mécaniciens africains sont des champions de la démerde
pour qui j'ai un immense respect). |
|
|
 |
Le
moyeu sort, mais une des cages du roulement reste sur l'arbre. Il va
falloir l'extraire et ce n'est pas si facile... |
|
|
 |
On
extrait le « circlip » à l'aide d'un petit tournevis.
Il comporte un petit méplat qui facilite grandement le travail. |
|
|
 |
Pensez à bien
nettoyer (voire dérouiller) tout le tour de la cage du roulement
(ici à l'aide d'une petite perceuse de modéliste et d'une
meulette). Car il va falloir l'extraire "au forceps"... |
|
|
 |
Voyez
le montage: la fusée est sandwichée à l'étau
avec un gros morceau d'acier d'un diamètre légèrement
inférieur à celui du roulement. A droite, on distingue
une petite cale car la fusée est de forme irrégulière
et l'extraction d'un roulement n'est pas prévue par les ingénieurs
qui ont conçu cette pièce (à croire qu'il doivent
penser que l'on jette l'auto quand un roulement de roue est cuit...).
On met le montage en tension dans un BON étau (ici un Sambre
et Meuse tout acier indestructible) et on frappe sur le cylindre pousseur
avec un autre cylindre et un marteau de taille respectable pendant qu'une
autre personne serre l'étau. Ça vient, mais pas facilement!
Ho hisse, Ho hisse... |
|
|
 |
C'était
bien serré mais on a finir par le sortir quand même. La
portée n'est pas esquintée, on va pouvoir remmancher le
roulement neuf. |
|
|
 |
Dès
que la bague est suffisamment décollée pour avoir une
prise, on l'attaque à l'extracteur. Ici un extracteur 3 griffes
chinois à 2 balles et de qualité médiocre, mais
qui fait "bon an mal an" son travail...
|
|
|
 |
On
entame le remontage. Après vérification du bon état
de toutes les portées (toilage au papier fin si nécessaire),
on les graisse généreusement pour faciliter l'introduction.
Car les roulements de roue sont montés TRES serrés... |
|
|
 |
Au
début, c'est facile et il suffit de bien placer la fusée
et le roulement entre les mors de l'étau et de serrer.
|
|
|
|
Mais ça
se corse quand l'étau arrive en butée... Là, il
faut faire intervenir le vieux roulement pour pousser le nouveau en
fond de logement sans rien abîmer.
|
|
|
 |
Et
voilà le travail...
|
|
|
 |
Le « circlip » se
replace à la main sans grande difficulté. Il ne reste
qu'à emmancher le moyeu...
|
|
|
 |
On
va changer de méthode et utiliser une presse à vis.
Un bon gros bout de tige filetée de 16, et un empilement
de rondelles qui maintient la bague interne en place. L'idéal
est de se servir les anciennes bagues internes forcément
du bon diamètre. Cette bague est placée à l'endroit
pointé du doigt. ATTENTION: si à ce stade, à la
suite d'une mauvaise manip (en oubliant la rondelle de calage
par ex), vous sortez la bague interne du roulement, ce dernier
est FICHU... |
|
|
 |
On
serre l'écrou, tout en tapant sur la fusée pour
que ça rentre. Ce montage est très serré,
et il faut exercer une force considérable de plusieurs
tonnes pour arriver à ses fins. Quand le marteau sonne "plein" sur
la fusée, c'est que le moyeu est enfoncé à fond.
ON NE DONNE JAMAIS UN COUP DE MARTEAU DIRECTEMENT SUR UN ROULEMENT,
QUE CE SOIT SUR LA BAGUE INTERNE OU EXTERNE...
|
|
|
 |
Et
voila c'est terminé. Mais sans une presse hydraulique
de garage, cette manipulation nous aura pris plus de 2 heures
et aura mobilisé quand même bon nombre d'outils
costauds et pas forcément courants (étau, chalumeau,
arrache moyeux etc)
|
|
|
 |
Dernier
détail, en repositionnant le disque de frein, ne serrez
pas beaucoup ces petites vis. Le disque est solidaire de la
roue par l'intermédiaire des 4 gros boulons et non
de ces 2 petites vis. |
|
|
|
|
|