Le Cléon-Fonte est un des blocs les plus emblématiques de l’automobile française. Il doit son nom à l’usine de Cléon, en Normandie, où il a été fabriqué, et au matériau principal de son bloc, la fonte.
Conçu au début des années 1960 pour remplacer les anciens moteurs Ventoux, il fait sa première apparition en 1962 sur la Renault Floride S et la R8. Plus de 40 ans plus tard, on le retrouvera sous le capot de la première Twingo !
Un moteur aux mille visages
Le Cléon-Fonte est une mécanique de conception simple, efficace et robuste : quatre cylindres en ligne, bloc en fonte, culasse en aluminium et vilebrequin à 5 paliers.
Au fil des années, le moteur de la Régie connaît de nombreuses évolutions. En fonction des modèles, la cylindrée variera de 956 cm³ à 1 565 cm³, tandis que la puissance ira de 35 à 160 ch (voire plus sur des modèles de compétition).
Le Cléon-Fonte a été d’abord équipé d’un carburateur. Dans ses versions les plus récentes, il finit par adopter une injection électronique. Ce moteur a aussi été utilisé sur des modèles à vocation sportive, avec ou sans suralimentation. C’est lui qu’on retrouve par exemple sur la mythique Renault 5 Turbo.
D’abord installé sur des voitures à moteur arrière, il a ensuite été adapté à des véhicules à moteur avant, aussi bien en position longitudinale que transversale. Cette polyvalence explique aussi sa longévité exceptionnelle et son succès (plus de 27 millions d’unités produites).
Sur quels modèles trouve-t-on le Cléon-Fonte ?
Le moteur Cléon-Fonte a équipé une impressionnante variété de véhicules. D’abord monté sur la Floride et la Renault 8, il se retrouve ensuite sur les Renault 10, 12, 15 et 17, ainsi que sur certaines Renault 4 et 5. Les Super 5, Renault 9 et 11 ont également repris ce moteur, tout comme certaines Renault 19 d’entrée de gamme.
Au début des années 1990, il équipe encore la Twingo de première génération. En dehors de la marque Renault, le Cléon-Fonte a aussi connu une seconde vie chez Dacia. La marque roumaine ne l’abandonnera d’ailleurs qu’en 2004, bien après Renault. Ce moteur a également été produit sous licence par Ford au Brésil.
Une fiabilité éprouvée
La réputation de ce moteur en matière de fiabilité n’est plus à faire. Nombre d’automobilistes ont pu atteindre des kilométrages élevés sans aucun problème majeur.
Dans la plupart des cas, le Cléon-Fonte délivrait une puissance plutôt modeste. Cela aussi contribuait à sa longévité. Des modèles comme l’Alpine A110 et surtout la Renault 5 Turbo ont démontré cependant que le bloc pouvait supporter des contraintes bien plus élevées sans que cela nuise à sa solidité !
