La papamobile s’est progressivement imposée comme un symbole à part entière de la vie pontificale. Retour sur l’histoire d’une voiture pas comme les autres.
Bien avant l’ère automobile, les papes se déplaçaient sur une sedia gestatoria, sorte de trône mobile porté par des palefreniers pontificaux. Les fidèles pouvaient ainsi apercevoir leur chef spirituel au-dessus de la foule lors des processions et des apparitions publiques.
La papamobile, une tradition presque centenaire
Il faut attendre le tournant des années 1930 pour voir le Vatican adopter la voiture de façon régulière. En 1929, une Fiat 525 fut offerte au pape Pie XI par le champion de course italien Felice Nazzaro. La même année, la Graham Paige Motors Corporation fit don d’une Type 837 au Saint-Siège, afin de fêter la signature des accords du Latran.
Citroën s’y met aussi
D’autres voitures vinrent rapidement peupler les garages du Vatican. Citroën, par l’entremise de son usine milanaise, offrit par exemple en 1930 une Lictoria C6 spécialement pensée pour le pontife, avec un traitement particulièrement luxueux à l’intérieur. La même année, le Vatican acheta lui-même sa première voiture (une Mercedes), avant de se procurer deux ans plus tard des Cadillac et des Buick.
A l’époque, il n’existait pas encore de vocable particulier pour désigner ces voitures, même lorsqu’elles étaient spécifiquement modifiées pour le pape. Le terme de « Papamobile » fit son apparition a posteriori.
Une papamobile plus sûre après une tentative d’assassinat
La formule de la papamobile évolue dans les années 70. Pour que tout le monde puisse bien admirer le pontife lors de ces processions, le Vatican se dote d’un Land Cruiser pourvu d’une plateforme surélevée.
Plus visible, le pape devient aussi plus vulnérable. Le 13 mai 1981, Jean-Paul II est victime d’une tentative d’assassinat à l’arme à feu. Les faits se déroulent sur la place Saint-Pierre, alors que le pape saluait la foule depuis une Fiat Nuova Campagnola .
Jean-Paul II frôle la mort mais survit à ses blessures. Cet événement dramatique conduit le Vatican à repenser totalement la sécurité des déplacements pontificaux. Désormais, les papes seront protégés par des vitres pare-balles.
Une liste qui ne cesse de s’allonger
De nombreux modèles furent transformés en papamobile au fil du temps : Mercedes Classe G, Range Rover, Peugeot 504, Ford Bronco, Jeep Wrangler, etc. Pour les voyages à l’étranger, les voitures étaient parfois fournies directement par les pays hôtes, qui trouvaient là une occasion de mettre à l’honneur leur industrie automobile.
En 2005, Jean Paul II reçut une Ferrari Enzo, voiture pour le moins étonnante pour un souverain pontife. Plus tard, Lamborghini offrira au pape Français une Huracan. Dans les deux cas, les voitures furent vendues à des fins caritatives !
Lire aussi :
