Pendant longtemps, un moteur automobile était d’abord conçu pour durer. Robuste, généralement simple dans son architecture, il devait encaisser les kilomètres sans broncher. La question des émissions était parfaitement marginale.
En quelques décennies, cette logique a profondément changé. Pour gagner en efficience et devenir plus propres, les moteurs ont progressivement évolué et intégré des systèmes de dépollution complexes.
Cette transformation a été accélérée par le durcissement progressif des normes européennes d’émissions, connues sous le nom de normes Euro.
Une réglementation devenue structurante
Depuis les années 1990, les normes Euro encadrent les émissions de polluants comme les oxydes d’azote (NOx), les hydrocarbures imbrûlés (HC), le monoxyde de carbone (CO) et les particules fines (PM).
À chaque nouvelle étape réglementaire, les seuils sont abaissés. Le cadre s’est également renforcé avec l’évolution des procédures d’homologation : à partir de 2017, le cycle WLTP remplace progressivement l’ancien protocole NEDC, et des essais en conditions de conduite réelle sont introduits pour mieux évaluer les émissions sur route.
La généralisation des systèmes de dépollution
Pour respecter des règles de plus en plus strictes, les constructeurs ont dû introduire de nouveaux systèmes de traitement des gaz d’échappement.
Sur les modèles essence, le catalyseur trois voies est devenu un élément central pour réduire simultanément le monoxyde de carbone (CO), les hydrocarbures imbrûlés (HC) et les oxydes d’azote (NOx).
Sur les véhicules diesel, la montée en exigence des normes Euro a conduit à la généralisation de la vanne EGR et du filtre à particules (FAP). Depuis Euro 6, le système SCR (Selective Catalytic Reduction) est également devenu obligatoire. Ce dispositif utilise une solution d’urée commercialisée sous le nom d’AdBlue. Injectée dans la ligne d’échappement, celle-ci permet, via une réaction chimique, de transformer une partie des NOx en azote (N₂) et en vapeur d’eau.
Electronique et downsizing
L’évolution du cadre réglementaire a également contribué au développement de l’électronique dans nos voitures. Injection, pression, température, fonctionnement des dispositifs de dépollution… tous ces paramètres sont désormais surveillés et ajustés en permanence grâce à des capteurs et des calculateurs, afin de maintenir un fonctionnement optimal du moteur et de limiter ses émissions à l’échappement.
La réduction de cylindrée que l’on observe depuis plusieurs années (communément appelée downsizing) est aussi motivée par une volonté d’améliorer le bilan environnemental de nos voitures. Aujourd’hui, beaucoup de constructeurs proposent de petits moteurs à trois cylindres, architecture encore marginale au début des années 2000.
L’adoption quasi systématique du turbocompresseur a permis de compenser la baisse de cylindrée. Les niveaux de puissance et de couple restent donc comparables à ceux d’anciens moteurs plus volumineux, tandis que la consommation et les émissions à l’échappement diminuent.
Des moteurs plus propres, mais plus complexes
L’empilement de dispositifs de dépollution, le développement de l’électronique et le downsizing ont considérablement modifié nos voitures. Leurs moteurs sont désormais plus propres, plus économes… mais aussi plus complexes à entretenir, ce qui n’est pas sans conséquences sur la fiabilité !
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