Le turbo n’est plus l’apanage des véhicules à vocation sportive. De la paisible citadine au SUV familial, toutes les voitures ou presque ont désormais recours à la suralimentation.
La genèse du turbocompresseur remonte à la fin du XIXe siècle. Dès les années 1880, Gottlieb Daimler et Rudolf Diesel s’intéressent à la suralimentation pour améliorer le rendement des moteurs. Louis Renault leur emboîte le pas et dépose en 1902 un brevet portant sur la suralimentation par ventilateur ou compresseur.
Mais c’est finalement l’ingénieur suisse Alfred Büchi qui invente le principe du turbo tel que nous le connaissons. En 1905, il imagine un système où les gaz d’échappement font tourner une turbine, reliée à un compresseur qui envoie plus d’air dans le moteur. L’idée est brillante : en injectant plus d’air, on permet au moteur de brûler plus de carburant, donc de produire davantage de puissance sans augmenter la cylindrée.
Des batailles aériennes aux circuits de course
Avant de souffler sur les moteurs de nos voitures, le turbocompresseur s’est invité dans l’aviation militaire dès les années 1920. À haute altitude, où l’air est plus rare, il permettait aux moteurs de conserver leurs performances.
Les constructeurs automobiles attendent les années 60 pour entrer dans l’ère des moteurs turbocompressés. Les pionniers sont américains : la Chevrolet Corvair Monza Turbo et l’Oldsmobile Jetfire, toutes deux lancées en 1962, sont les premières voitures à utiliser un turbo.
Les Européens se lancent dans les années 1970, avec plusieurs modèles devenus emblématiques. BMW ouvre le bal dès 1973 avec la 2002 Turbo. Deux ans plus tard, Porsche marque à son tour les esprits avec la 911 Turbo 930.
Du côté des marques tricolores, Renault tente avant tout le monde le pari du turbo en Formule 1. D’abord avec la RS01 (1977) puis avec la RS10, qui décroche en 1979 la toute première victoire en F1 pour une monoplace à moteur turbo. L’année suivante, la bien nommée R18 Turbo devient la première voiture française de série à moteur turbocompressé. Elle sera suivie par la mythique R5 Turbo, véritable bête de course homologuée pour la route.
Puis vient une époque plus pragmatique. Le turbo n’est plus réservé aux sportives ou aux prototypes de course. Dans les années 80, il devient un outil d’optimisation sur les moteurs diesel. Des modèles comme les Mercedes 300 SD, Peugeot 604 Turbo D ou Volkswagen Golf GTD prouvent qu’un moteur à gasoil peut offrir des performances décentes sans perdre en sobriété. Le turbo glisse alors doucement de la haute performance vers l’efficience.
Le développement du downsizing dans les années 2000 rend définitivement le turbocompresseur incontournable. Face aux normes environnementales toujours plus strictes, les constructeurs ont dû réduire la cylindrée de leurs moteurs, et c’est grâce au turbo qu’ils ont pu répondre à cette contrainte sans sacrifier la vivacité des mécaniques.
Comment prolonger la durée de vie d’un turbo ?
Le turbocompresseur est une pièce fragile. Voici quelques conseils pour prolonger sa durée de vie :
-
Ne pas couper le contact immédiatement après une conduite soutenue. Mieux vaut laisser tourner le moteur 30 à 60 secondes au ralenti.
-
Faire des vidanges régulières avec une huile de qualité (tuto complet à retrouver ici)
-
Surveiller les signes d’usure : fumée bleue à l’échappement, perte de puissance, sifflement anormal.
-
Rouler régulièrement à régime soutenu pour le décrasser
